Stéphanie Ferrat

Petite géographie, 2019. Peinture à l’huile. « Son atelier, un grand tunnel lumineux glacial l’hiver et bouillant l’été, recueille les trois fois rien ramassés au cours de ses baguenaudes à travers champs, forêts et collines […]
Petite géographie, 2019. Peinture à l'huile.

« Son atelier, un grand tunnel lumineux glacial l’hiver et bouillant l’été, recueille les trois fois rien
ramassés au cours de ses baguenaudes à travers champs, forêts et collines alentour. Ne la guide que
son attention à l’apparente insignifiance. Elle s’arrête lorsque la rencontre fait signe.

La récolte rejoint l’atelier où se loge un petit peuple industrieux d’insectes et autres bourdonnants et
affairés. Aucun préjugé ne règne ici, pas d’utiles et d’inutiles, ni d’inoffensifs ou de dangereux, pas de
beaux ni de laids, ils se mêlent naturellement à l’oeuvre entrain de se faire, à la réalité des jours, à son
évolution, à ses cycles. La peinture et les mots s’en nourriront dans l’émerveillement de s’être mise au
centre de « vies minuscules » et de pouvoir ainsi en capter le sens dans l’infime.

Par l’empreinte et l’échange entre le support de feuilles de plastique et le papier Japon, se posent lesmatières dans la matière sans en être transformées ou dénaturées. La forme s’organise alors commeune enveloppe autour de la graine, se remplit d’air pour laisser place et respiration à l’éclat jaune d’unepeau végétale,aux réseaux d’une toile d’araignée, à l’imagination d’une graminée. » 

Sabine Puget, chronique du chuchotements, 2016