Marc Perez

Le papier qu’utilise Perez est âpre et lent. Manié, il résonne, trace dans l’air son souffle bien à lui. C’est une aile lourde qui tranche. On l’entend, on le sent à son poids, on le mesure à sa vibration dans l’espace. Il a son mot à dire. Il traverse la peinture et dans un juste retour des choses, dans un échange presque sanguin il imprime en elle ses rides, ses fleuves, ses paysages turbulents et inertes. Ainsi donne-t-il à la peinture son caractère bien trempé.

Recouverts d’une burqa de poudre sombre et volcanique, les personnages de Perez avancent masqués, forts de la puissance sans pouvoir que donne cette visibilité à laquelle le peintre renonce. La douceur qui les dérobe à la violence du tragique alimente sans répit leur déplacement, dans la géographie improbable du devenir.