Avi TRATTNER

7 / 31 janvier 2009

Les corps terrifiants et magnifiques se chargent de toute la force expressive de l’œuvre d’Avi Trattner. Figés, comme en arrêt, il leur arrive parfois même d’être interdit de mouvement, emprisonnés sans raison apparente, empêchés dans leurs avancées. La tension qu’ils dégagent est entre l’inertie et la décision de la rompre, entre la décomposition et la volonté de résister, entre la résignation et la révolte contre leur destin. Cantonnées dans un univers qu’on ne pénètre pas, placées dans des huis clos virtuels, que rien ne les empêche de quitter, ces figures sont condamnées à une fatalité obscure qu’elles ne cherchent plus à comprendre. Des corps ? Plutôt des masses réunies et transformées en membres grossièrement articulés, comme des pantins grotesques et rougeâtres. L’épaisseur de la matière, faite de mélange de couleurs terreuses, la peau, traduite par des touches rapides, l’aspect tactile suggèrent moins le détail de la ressemblance que la densité d’une présence.

 

Itzhak Goldberg